Une étude menée par des scientifiques de l’IPHC (équipe PACE), du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé, de l’université de Gand en Belgique et de l’Institut ornithologique suisse, publiée dans Journal of Experimental Biology, révèle une stratégie d’adaptation des manchots royaux pour optimiser leur dépense énergétique lorsqu’ils plongent pour nourrir leurs petits.
En période de reproduction, les ressources alimentaires sont très prisées. Pour trouver suffisamment de nourriture pour leur progéniture, les manchots peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres de la colonie et 200 mètres de profondeur, en effectuant 730 plongées en moyenne par expédition. Malgré leur excellent hydrodynamisme, la dépense énergétique correspondante est considérable.
Sur l’île de la Possession, dans l’archipel Crozet, les scientifiques ont comparé le comportement de manchots équipés d’un dispositif diminuant leur hydrodynamisme à celui d’un groupe témoin. Étonnamment, bien que nageant moins vite et moins profond, les manchots dont la difficulté de plongée avait été artificiellement augmentée n’étaient ni plus maigres ni plus stressés sur le plan physiologique. Cela suggère qu’au lieu d’augmenter leur effort pour maintenir leurs performances de chasse alors qu’ils fonctionnent déjà proche de leur limite, les manchots compensent en se contentant de moins de nourriture. Il s’agirait là d’un des mécanismes qui leur permet de survivre quand les conditions se détériorent et de se reproduire lorsqu’elles redeviennent favorables.
Référence de la publication :
Camille Lemonnier, Antoine Stier, Anne Cillard, Marine Montblanc, Fabrice Bertile, Pierre Bize, Jean-Patrice Robin, Vincent A. Viblanc, Charles-André Bost, Yves Handrich; Penguins maintain effort, despite reduced dive efficiency, with limited physiological response under increased swimming workload. J Exp Biol 1 November 2026; 229 (21): jeb252912.
DOI: https://doi.org/10.1242/jeb.252912

