Face à la progression préoccupante de la résistance aux antibiotiques, la recherche de nouvelles molécules capables de lutter contre les bactéries résistantes est devenue une priorité. Des chercheurs de l’Université de Strasbourg et de l’Université de Montpellier se sont intéressés aux champignons, une ressource naturelle de molécules bioactives encore largement inexplorée.
Pour identifier rapidement de nouvelles molécules actives, les chercheurs ont utilisé la bioautographie sur couche mince, une méthode permettant de repérer directement au sein d’extraits complexes les substances capables d’empêcher la croissance des bactéries. Près de 200 extraits de champignons ont ainsi été testés contre Staphylococcus aureus, une bactérie responsable de nombreuses infections.
Cette approche a permis de mettre rapidement en évidence dans la psathyrelle pleureuse (Lacrymaria lacrymabunda) un composé inhibant la croissance de plusieurs souches de staphylocoques résistant à la méticilline (SARM). La caractérisation structurale de cette molécule a mis en évidence une structure inédite et inhabituelle dans la nature, un dérivé terpénique linéaire baptisé acide lacrymarique.
Cette découverte illustre le potentiel des champignons comme réservoir de molécules originales susceptibles d’apporter de nouvelles pistes face à l’antibiorésistance. Les prochaines étapes consisteront notamment à comprendre comment cette molécule agit sur les bactéries et à déterminer si des molécules similaires pourraient présenter un intérêt thérapeutique à terme.
Référence :
https://doi.org/10.1016/j.phytol.2026.104226
https://hal.science/view/index/docid/5743556
Référent scientifique : Aurélie URBAIN, aurbain@unistra.fr, équipe CAMBAP

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